19/01/2026
Dans l’Aveyron, le chantier de protection contre les inondations de Saint-Affrique entre dans une étape décisive. Le site est en cours de transformation pour devenir une Zone naturelle d’Expansion des Crues (ZEC), un aménagement destiné à limiter la vulnérabilité du quartier concerné et de l’ensemble de la commune face aux phénomènes de crue.
D’un montant de 3,7 millions d’euros hors taxes, le projet vise à ralentir le débit de la rivière grâce à la restauration des berges et à la création de zones humides. À terme, ces aménagements permettront d’abaisser le niveau de l’eau jusqu’à 1,50 mètre lors d’une crue exceptionnelle dans le secteur des Cazes, et d’environ 10 centimètres à proximité du centre-ville.
Initialement constituée de terres agricoles, cette zone a progressivement été urbanisée, entraînant une forte réduction des espaces naturels d’expansion des crues. Cette évolution a favorisé l’augmentation du niveau des eaux et aggravé les dommages lors des épisodes de crue, aussi bien dans le quartier que dans le reste de la ville. Le périmètre concerné comprend en outre plusieurs équipements sensibles, tels que la déchetterie, l’hôpital, des entreprises et de nombreuses habitations.
En amont du chantier, une étude écologique réalisée par le bureau ARTEMISIA a mis en évidence la présence de castors, de loutres, d’arbres remarquables ainsi que d’espèces végétales invasives. Le projet intègre donc des mesures spécifiques de préservation de la biodiversité, tout en prévoyant une élimination progressive de ces espèces indésirables.
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Les entreprises Guipal, Sévigné et IT2E, appuyées par les sous-traitants SARL Le Jardinier, Puechoultres TP et Interra, interviennent sur ce chantier d’envergure dont la livraison est programmée à l’horizon 2027.
La première phase, déjà en cours, concerne le défrichement du site. Près de 400 arbres ont été abattus et dessouchés après un important travail de débroussaillage assuré par la SARL Le Jardinier, également chargée du traitement des espèces végétales invasives.
La phase suivante portera sur les travaux de terrassement, qui s’étendront sur environ 500 mètres de rive gauche et 400 mètres de rive droite. L’objectif est de créer une « zone de liberté » de 4 hectares pour la Sorgues, en abaissant le terrain, en remodelant les berges en pentes douces et en aménageant des annexes hydrauliques capables de dissiper l’énergie de l’eau lors des crues. Plusieurs centaines de milliers de mètres cubes de matériaux seront ainsi déplacés et stockés sur des emprises dédiées.
Par ailleurs, les réseaux d’eau potable et d’assainissement, actuellement implantés sous le lit de la rivière, devront être déplacés et enfouis plus profondément afin de s’adapter au nouveau profil hydraulique. Cette opération constituera la seule intervention directe dans le lit de la Sorgues.
Enfin, près de 8 000 m² de surfaces boisées seront recréées par semis d’essences locales. Des dispositifs d’accueil naturels et artificiels seront également mis en place pour favoriser le développement de la faune — castors, loutres, reptiles, oiseaux et insectes — indispensables à l’équilibre écologique du site.
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