21/04/2026
À la suite d’une mobilisation soutenue de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP), le Gouvernement a finalement admis l’ampleur de l’impact de la crise énergétique sur le secteur des travaux publics. Lors de ses annonces du 21 avril, le Premier ministre a explicitement identifié ce secteur comme l’un des plus touchés par la flambée des coûts énergétiques.
Sponsor d'Intertas.info
Cette reconnaissance intervient dans un contexte particulièrement tendu. Les entreprises de travaux publics consomment chaque année près d’un milliard de litres de gazole non routier, un volume considérable qui les rend extrêmement sensibles aux variations du prix des hydrocarbures. Or, la récente instabilité liée à la situation dans le détroit d’Ormuz a entraîné une hausse significative des prix de l’énergie, accentuant les difficultés économiques du secteur.
Si les annonces gouvernementales constituent un premier signal positif, elles restent toutefois insuffisantes pour répondre pleinement aux enjeux auxquels font face les entreprises. La FNTP attend désormais des précisions concrètes, notamment sur le montant des aides promises et sur leurs modalités d’attribution. Un point crucial demeure : ces dispositifs devront être accessibles à l’ensemble des entreprises, indépendamment de leur taille, afin d’éviter toute distorsion au sein de la profession.
Au-delà des aides immédiates, la fédération insiste sur la nécessité de mesures structurelles permettant une meilleure adaptation du secteur aux fluctuations des coûts. Elle appelle notamment le Gouvernement à reprendre deux propositions essentielles. La première concerne la publication d’une circulaire autorisant la prise en compte des hausses de prix dans les marchés publics. Une telle mesure s’inscrirait dans la continuité des dispositions mises en œuvre lors de la crise ukrainienne sous l’impulsion de Élisabeth Borne.
La seconde proposition vise à garantir l’opposabilité des indices actualisés publiés par INSEE le 16 avril dernier. Ces indices, intégrant les évolutions des prix entre février et mars pour le gazole non routier, le gaz, le bitume et autres intrants essentiels, doivent pouvoir être pleinement pris en compte dans le calcul des index provisoires, afin de refléter fidèlement la réalité économique du terrain.
En somme, si la reconnaissance par l’exécutif marque une avancée notable, elle ne constitue qu’une étape. Pour les acteurs des travaux publics, l’enjeu est désormais de transformer cette prise de conscience en mesures concrètes, efficaces et équitables, capables de préserver durablement l’équilibre économique d’un secteur clé pour l’aménagement et la compétitivité des territoires.
Sponsor d'Intertas.info, qui nous permet de vous informer