20/07/2026
Face à des épisodes pluvieux de plus en plus intenses, la Communauté d'agglomération Chauny-Tergnier-La Fère expérimente une nouvelle manière de gérer ses eaux usées. Plutôt que de multiplier les ouvrages de stockage, le territoire mise sur des infrastructures existantes rendues plus intelligentes. Un investissement de 3,2 millions d'euros qui illustre l'évolution des politiques d'assainissement en France.
Les réseaux d'assainissement sont confrontés à un défi grandissant. Sous l'effet de l'urbanisation et du changement climatique, les pluies intenses deviennent plus fréquentes, mettant à rude épreuve des infrastructures souvent conçues il y a plusieurs décennies. Lorsque les capacités des stations d'épuration sont dépassées, une partie des eaux peut être rejetée dans le milieu naturel sans traitement complet, avec des conséquences sur la qualité des cours d'eau.
Dans l'Aisne, la Communauté d'agglomération Chauny-Tergnier-La Fère a choisi d'aborder ce problème autrement. Après plusieurs années d'études, elle engage un vaste chantier destiné à moderniser la gestion de son réseau d'assainissement en s'appuyant davantage sur le pilotage des flux que sur la construction de nouveaux ouvrages.
Le projet repose sur une idée simple : connecter les stations d'épuration de Tergnier et de Chauny afin qu'elles fonctionnent de manière complémentaire.
Une canalisation de trois kilomètres est actuellement en cours de réalisation pour relier les deux installations. Un nouveau poste de refoulement, équipé de trois pompes, permettra de transférer une partie des eaux usées vers la station de Chauny lorsque celle de Tergnier approchera de la saturation lors des épisodes pluvieux.
La réalisation de cette liaison nécessite des travaux techniques d'envergure. Pour franchir un important carrefour routier sans perturber durablement la circulation ni ouvrir une tranchée en surface, les entreprises auront recours à la technique du forage dirigé. Cette méthode consiste à installer la canalisation en sous-sol, selon un tracé précisément guidé, limitant ainsi les nuisances pour les usagers et les impacts sur les infrastructures existantes.
Cette mutualisation des capacités de traitement offre une réponse plus souple aux variations de débit, sans avoir à augmenter massivement les capacités de chaque station.
L'autre innovation du projet réside dans la gestion dynamique du réseau. Des vannes automatisées seront installées à différents points stratégiques afin de retenir temporairement les eaux dans certaines canalisations lorsque les pluies deviennent trop importantes. Une fois le pic passé, ces volumes seront progressivement acheminés vers les stations d'épuration.
L'ensemble du dispositif sera piloté par un système informatique capable de suivre en temps réel les niveaux d'eau, d'anticiper les risques de surcharge et d'adapter automatiquement le fonctionnement du réseau. Autrement dit, les canalisations ne serviront plus uniquement à transporter les effluents : elles deviendront également des espaces de stockage temporaire, mobilisés uniquement lorsque cela est nécessaire.
Cette approche marque une évolution dans les stratégies d'investissement des collectivités. Traditionnellement, les problèmes de surcharge étaient souvent résolus par la construction de nouveaux bassins de rétention, ouvrages efficaces mais particulièrement coûteux et consommateurs d'espace.
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À Chauny-Tergnier-La Fère, le choix a été fait d'optimiser les infrastructures déjà en place grâce aux technologies de pilotage en temps réel. Une solution qui permet de limiter les investissements lourds tout en améliorant les performances environnementales du réseau. Le chantier représente néanmoins un investissement de 3,2 millions d'euros.
Les bénéfices attendus dépassent la seule modernisation des équipements. Le projet doit permettre d'améliorer la qualité du traitement des eaux usées, de réduire significativement les rejets dans le milieu naturel lors des fortes pluies et de rendre le réseau plus résilient face aux aléas climatiques
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Les travaux, engagés en juin, se poursuivront jusqu'à la fin de l'année 2026. Ils comprennent la pose de la canalisation de liaison, la construction du poste de pompage ainsi que l'installation des équipements de régulation et de pilotage. La mise en service complète est prévue en décembre 2026.
Au-delà du seul territoire axonais, cette opération illustre une tendance de fond dans la gestion de l'eau : face aux effets du changement climatique et aux contraintes budgétaires, les collectivités cherchent désormais à rendre leurs réseaux plus intelligents plutôt qu'à les agrandir systématiquement. Une évolution qui pourrait inspirer de nombreux territoires confrontés aux mêmes enjeux.
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