11/08/2026
Publié en juillet 2026 par Bpifrance Le Lab, le 83ème baromètre semestriel, basé sur les retours d'un peu plus de 4600 entreprises entre le 5 mai et le 18 juin, permet d'évaluer la situation des TPE-PME à mi-2026 et de connaître leurs perspectives à horizon 2027 en termes d'activité, d'emploi, de trésorerie et d'investissement. Elle comporte un focus sur l'impact du conflit au Moyen-Orient et les investissements verts.
Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient a remis en cause les perspectives de rebond formulées par les TPE-PME en fin d'année dernière pour 2026. 79 % des dirigeants de TPE-PME anticipent en effet un impact négatif du conflit au Moyen-Orient sur leur entreprise, dont 41 % un impact élevé, principalement via la hausse des prix du pétrole (70 % de TPE-PME affectées). Le conflit a ainsi ravivé les difficultés d'approvisionnement des TPE-PME françaises, sans pour autant qu'elles ne retrouvent les niveaux atteints en 2022, au cœur de la crise énergétique. Ainsi, les TPE-PME sont désormais plus prudentes. Les conséquences du conflit sur l'activité resteraient toutefois contenues, l'évolution du chiffre d'affaires cette année étant attendu sur un rythme proche de celui enregistré en 2025.
Les TPE-PME font par ailleurs toujours face à une demande affaiblie, avec des carnets de commande qui restent relativement peu garnis. Ces derniers se sont néanmoins étoffés au 1er semestre dans l'Industrie et les Transports. Les TPE-PME de ces secteurs anticipent ainsi un léger mieux du côté de l'activité par rapport à l'an passé. La conjoncture se dégraderait en revanche cette année dans les Services, qui avaient mieux résisté jusqu'à présent, ainsi que dans le Tourisme. Elle resterait morose dans la Construction et le Commerce, les TPE-PME anticipant une trajectoire similaire à celle de l'an passé.
La situation de trésorerie s'est encore tendue au premier semestre et se tendrait à nouveau au second, et les conditions d'accès au crédit de trésorerie se sont durcies. 31 % des TPE-PME jugent désormais leur trésorerie difficile (+1 point ce semestre). Elles sont toutefois 84 % à estimer leur trésorerie suffisante pour absorber le choc lié au conflit, à court terme du moins. Si une majorité d'entreprises comptent adapter leurs prix de vente en raison des hausses de coûts subies, moins d'une entreprise sur cinq comptent les répercuter en intégralité. La rentabilité est ainsi de nouveau attendue en baisse cette année, hormis dans l'Industrie.
L'investissement des TPE-PME resterait peu dynamique cette année, pénalisé notamment par la faiblesse de la demande, le coût du crédit jugé élevé et les incertitudes politiques et géopolitiques. Comme l'an passé, 38 % des TPE-PME ont l'intention d'investir cette année. Les dépenses d'investissements verts ralentiraient également, malgré le choc énergétique.
Les TPE-PME sont globalement peu confiantes pour 2027 et anticipent un ralentissement de leur activité et de leurs embauches. Les perspectives restent mieux orientées dans l'Industrie, où le solde d'opinion relatif à l'activité pour l'année suivante est nettement plus élevé que dans les autres secteurs, bien qu'en léger recul.