03/09/2026
De la solidité économique des réseaux de fibre en France aux projets numériques au Kenya, au Maroc, en Ukraine ou au Moyen-Orient, les infrastructures numériques occupent désormais une place centrale dans la stratégie d’influence française. C’est le constat qui ressort d’un échange entre la fédération InfraNum et Clara Chappaz, conseillère numérique, intelligence artificielle et attractivité auprès du Président de la République.
Après des années consacrées au déploiement de la fibre, l’enjeu est désormais celui de la pérennité des réseaux : comment garantir leur équilibre économique, leur entretien et leur résilience alors que les conditions de construction et d’exploitation évoluent, notamment sous l’effet du changement climatique ?. C’est l’un des sujets majeurs portés par InfraNum auprès des pouvoirs publics.
Le modèle des Réseaux d’Initiative Publique (RIP) arrive à un moment charnière. Les infrastructures sont là, mais leur exploitation dans la durée soulève de nouvelles questions économiques. Pour InfraNum, les lignes directrices de 2015 doivent être actualisées afin de mieux refléter la réalité des réseaux déployés ces dernières années. Les coûts de construction et d’exploitation ont évolué, tout comme les contraintes auxquelles sont confrontés les gestionnaires d’infrastructures.
À cette équation s’ajoute un facteur devenu incontournable : les aléas climatiques. Inondations, tempêtes, incendies ou épisodes de chaleur peuvent endommager les infrastructures et perturber la continuité des services. La résilience devient ainsi une composante à part entière de la politique d’infrastructures numériques. « Construire les réseaux » ne suffit plus : il faut pouvoir les maintenir, les protéger et les remettre rapidement en service.
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C
ette expérience française constitue un atout au moment où la filière regarde au-delà de ses frontières. Dans de nombreux pays, l’accès au très haut débit et la modernisation des réseaux figurent parmi les priorités d’aménagement et de développement économique. Les compétences développées lors du vaste chantier français de déploiement de la fibre intéressent donc de nouveaux marchés.
Les échanges avec Clara Chappaz ont ainsi porté sur plusieurs perspectives internationales, notamment les suites du sommet Africa Forward à Nairobi et les projets de fibre optique soutenus par la France au Kenya.
Pour la filière française, l’enjeu est double : accompagner concrètement ces projets tout en valorisant le savoir-faire acquis sur le territoire national.
Autre terrain particulièrement suivi : le Maroc. Les discussions portent sur la préparation de futurs partenariats, dans la perspective de la prochaine visite officielle du Roi du Maroc en France.
Les grands rendez-vous internationaux organisés au Maroc pourraient également accélérer les besoins en infrastructures numériques. La Coupe du monde 2030, que le pays coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, constitue notamment un horizon important pour les acteurs des télécommunications et du numérique. Pour les entreprises françaises, ces projets représentent autant d’opportunités de coopération, à condition d’être associées suffisamment tôt aux discussions.
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La conversation a également porté sur des territoires où les infrastructures numériques prennent une dimension stratégique.
En Ukraine, la reconstruction des réseaux sera un enjeu majeur. La guerre a mis à rude épreuve les infrastructures du pays et leur reconstruction nécessitera de rétablir, moderniser et sécuriser les réseaux de communication.
Au Moyen-Orient, les besoins sont également considérables, portés par la transformation économique, les investissements et l’accélération des usages numériques.
Dans ces différents contextes, la France dispose d’une carte à jouer. Encore faut-il que les entreprises de la filière soient pleinement associées aux démarches diplomatiques et économiques engagées par le pays.
C’est l’un des autres sujets évoqués : la participation de la filière aux prochaines délégations présidentielles à l’étranger. L’objectif est de mieux articuler diplomatie, stratégie industrielle et développement commercial. Les déplacements officiels peuvent créer les conditions de nouvelles coopérations, mais leur efficacité dépend aussi de la capacité des entreprises à être présentes au bon moment et à transformer les échanges politiques en projets concrets.
Pour InfraNum, la filière des infrastructures numériques doit ainsi devenir un acteur à part entière de la stratégie française à l’international.
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Derrière les différents dossiers — RIP français, Kenya, Maroc, Ukraine ou Moyen-Orient — se dessine une même problématique : comment transformer l’expertise française en avantage compétitif et en levier d’influence ?
La réponse passe d’abord par la consolidation du socle national. Des réseaux économiquement viables, correctement entretenus et capables de résister aux événements climatiques constituent la première condition d’une filière forte. Cette robustesse peut ensuite devenir un argument commercial et diplomatique à l’étranger.
Le rendez-vous avec Clara Chappaz ouvre ainsi plusieurs pistes de travail : adapter le cadre économique des RIP, mieux prendre en compte la résilience climatique des réseaux et renforcer la présence de la filière française sur les grands projets internationaux. Car dans un secteur devenu stratégique pour les économies comme pour les États, la capacité à construire des réseaux solides chez soi est aussi une capacité à peser au-delà de ses frontières.
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