11/09/2026
Prévenir les pollutions de l’eau coûte nettement moins cher que les traiter une fois installées. Selon une étude de l’agence de l’eau Seine-Normandie, dépolluer des eaux brutes contaminées par les nitrates et les pesticides coûte en moyenne 3,2 fois plus cher que de réduire les pollutions à la source.
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Présentée le 7 septembre, l’étude compare, sur 21 aires d’alimentation de captages, différents scénarios de protection de la ressource. Son constat est clair : sur le long terme, les stratégies curatives sont nettement plus coûteuses que les actions préventives.
L’écart se creuse lorsque les volumes d’eau concernés sont faibles ou lorsque les concentrations en polluants sont élevées. Pour le seul reste à charge des services d’eau potable, le traitement curatif devient ainsi 13 fois plus coûteux que la prévention.
La prévention permet de limiter les traitements supplémentaires nécessaires pour rendre l’eau potable. Elle contribue également à réduire la pollution des milieux naturels et les risques sanitaires associés aux pesticides.
Sa mise en œuvre reste toutefois complexe. Les collectivités ne disposent notamment pas seules des leviers permettant de faire évoluer les pratiques agricoles. L’efficacité de ces politiques dépend donc aussi des dispositifs réglementaires et des politiques nationales et régionales en faveur de l’agroécologie.
Un rapport conjoint de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) estime entre 6,15 et 11,3 milliards d’euros par an les surcoûts liés à la dépollution de l’eau contaminée par les pesticides et les PFAS.
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En 2024, un peu plus de 29 % de la population française aurait été exposée à des pesticides ou à des PFAS dans l’eau potable à des concentrations dépassant les limites de qualité européennes.
Les inspections préconisent de renforcer le financement de la politique de l’eau, notamment en appliquant davantage le principe pollueur-payeur. De nouvelles recettes liées aux PFAS, à la responsabilité élargie du producteur et à la redevance pour pollution diffuse pourraient représenter 1,2 milliard d’euros par an.
Une hausse de la taxe Gemapi de 650 millions d’euros par an est également envisagée. Ces mesures pourraient néanmoins entraîner une hausse du prix de l’eau, estimée entre 3,5 % et 59 % selon les territoires. Les inspections recommandent donc de prévoir des mécanismes de solidarité et de soutien aux ménages les plus vulnérables.
Pour l’Inspection générale des finances (IGF), traitement et interconnexions resteront nécessaires dans certaines situations, mais ne suffiront pas à réduire durablement les pollutions. La prévention doit donc devenir un axe majeur de la politique de l’eau.
L’IGF préconise une stratégie nationale associant réglementation, réduction des pollutions à la source, financements ciblés et renforcement du principe pollueur-payeur. À court terme, le coût de la dépollution est estimé à environ 2 milliards d’euros par an, ce qui pourrait nécessiter une hausse du prix de l’eau de 25 à 30 %.
L’enjeu est donc autant environnemental que financier : protéger les captages et agir à la source apparaît plus efficace et beaucoup moins coûteux que traiter une eau déjà contaminée. (Source Localtis)