18/09/2026
Tours a vécu pendant deux jours au rythme de la donnée géographique. Les 16 et 17 septembre, les GeoDataDays 2026 ont rassemblé les professionnels de la géomatique, des territoires et des infrastructures autour d’un constat : la donnée géographique s’impose désormais comme un véritable outil opérationnel.
Cartographier ne suffit plus. Il faut connaître, croiser, fiabiliser, modéliser et exploiter la donnée pour décider et agir. C’est probablement l’un des principaux enseignements de cette 9ᵉ édition des GeoDataDays, organisée par l’Afigéo à Tours.
Pour les acteurs des réseaux et des travaux publics, cette évolution n’est pas théorique. Elle touche directement les études, la préparation des chantiers, le géoréférencement, la détection des réseaux, la maintenance et, plus largement, la gestion du patrimoine.
Pendant longtemps, la géodata a été associée avant tout à la cartographie et aux SIG. Les usages ont aujourd’hui changé d’échelle. La donnée géographique est désormais appelée à circuler entre de nombreux environnements numériques : SIG, BIM, plateformes de données, outils de chantier, jumeaux numériques…
Cette convergence transforme progressivement la manière de concevoir et de gérer les infrastructures. Pour une entreprise de travaux publics ou un gestionnaire de réseau, l’enjeu est très concret : disposer d’une représentation suffisamment fiable du terrain et des ouvrages pour préparer une intervention, anticiper les contraintes et réduire les incertitudes. La carte devient ainsi un point d’entrée vers la donnée opérationnelle.
À proximité des réseaux, la qualité de l'information géographique constitue un enjeu particulièrement sensible. Connaître la position d’un ouvrage, son environnement et les éventuelles interactions avec les autres réseaux permet de mieux préparer les opérations et de contribuer à leur sécurisation.
Dans ce domaine, chaque gain de précision peut avoir des conséquences très concrètes sur le terrain : moins d'incertitudes lors des études, meilleure préparation des interventions et meilleure coordination entre les différents acteurs. La transformation numérique des métiers des réseaux passe donc aussi par la capacité à produire, maintenir et partager une donnée géographique de qualité.
Autre tendance forte : le rapprochement entre les mondes du SIG et du BIM.
Deux univers longtemps considérés comme distincts convergent désormais autour d’une même nécessité : disposer d’une représentation numérique cohérente de l’ouvrage et de son environnement.
Cette convergence ouvre la voie à des usages qui intéressent directement les infrastructures : préparation des projets, suivi des travaux, connaissance du patrimoine, maintenance et exploitation. À terme, le jumeau numérique pourrait prolonger cette logique en permettant de disposer d’une représentation dynamique d’un territoire ou d’une infrastructure, alimentée par différentes sources de données. L’objectif est clair : passer d’une photographie du patrimoine à une vision exploitable de son évolution.
Les technologies d’acquisition évoluent elles aussi rapidement. Données géographiques, imagerie, relevés de terrain, capteurs, données satellitaires ou encore modèles 3D viennent enrichir les bases existantes.
Mais cette multiplication des données pose une nouvelle question : comment transformer cette masse d’informations en décisions utiles ? C’est là que les outils d’analyse, d’automatisation et d’intelligence artificielle prennent progressivement leur place. L’enjeu n’est plus seulement de collecter davantage, mais de mieux exploiter ce qui est déjà disponible. Pour les infrastructures, cette évolution pourrait notamment contribuer à améliorer la connaissance du patrimoine, à détecter plus rapidement certaines évolutions et à optimiser la programmation des interventions.
C’est sans doute ce rapprochement avec les usages opérationnels qui caractérise le mieux l’évolution de la filière. Les GeoDataDays ne parlent plus uniquement aux spécialistes de la donnée géographique. Les problématiques abordées concernent désormais directement les collectivités, les gestionnaires de réseaux, les bureaux d’études, les entreprises de travaux publics et l’ensemble des acteurs qui interviennent sur le territoire.
La géodata devient une affaire de terrain. Et cette évolution est appelée à se poursuivre avec la généralisation des plateformes collaboratives, l’interopérabilité des données et la montée en puissance des modèles numériques.
Au-delà des innovations présentées à Tours, une question reste centrale : celle de la qualité et de l’interopérabilité des données. Une donnée difficile à retrouver, impossible à croiser ou insuffisamment précise perd rapidement une grande partie de sa valeur opérationnelle. À l’inverse, une donnée fiable, correctement géoréférencée et accessible aux différents intervenants peut devenir un véritable levier de performance. C’est tout l’enjeu de la transformation numérique des infrastructures : faire en sorte que la donnée accompagne réellement l’action.
En clôturant cette 9ᵉ édition, les GeoDataDays 2026 auront donc confirmé une tendance de fond.
La géodata n’est plus seulement là pour représenter le territoire. Elle contribue désormais à le comprendre, à le modéliser et à préparer les décisions qui permettront de le transformer.
Pour les réseaux et les travaux publics, cette évolution ouvre un champ considérable : mieux connaître l’existant, mieux préparer les projets, mieux sécuriser les interventions et mieux gérer les infrastructures dans le temps.
À Tours, le message était finalement assez simple : la révolution de la donnée géographique ne se joue plus seulement derrière un écran. Elle commence désormais sur le terrain.